BORDEAUX / SANNOIS SAINT-GRATIEN. --Grâce à deux buts de Beto sur coups de pied arrêtés, les Girondins ont franchi l'obstacle d'un club de National après une première période catastrophique
Vraiment le strict minimum
Si les Bordelais poursuivent leur route en Coupe de France, ils doivent remercier avant tout leur recrue du mercato, le Portugais Beto. Comme un célèbre compatriote avant lui, un certain Pauleta, il est entré de plain-pied dans les compétitions françaises en marquant deux buts. Ce n'était que la coupe, mais son doublé victorieux a ôté une grosse épine du pied à sa formation, bien mal embarquée jusque-là.
Aucun doute, une élimination aurait été mal vécue dans toutes les strates du club. Beto est bien le héros. Le staff et les dirigeants cherchaient un buteur, quelques heures avant la fermeture du marché d'hiver des transferts, ils l'ont déniché sans le savoir. En outre, le gaillard a bien d'autre qualités. Les Girondins participeront donc aux 8es de finale le 22 mars prochain. Diable que ce fut laborieux !
Une assistance clairsemée, une fraîcheur de saison agrémentée d'une humidité désagréable, un rythme de jeu d'une intensité insaisissable, un spectacle moribond, un arbitre qui s'endort comme tout le monde, on se demande si on n'assiste pas au lever de rideau. Jusqu'à cette 38e minute où sur le deuxième corner francilien du premier acte, Pierre Planus dépose le ballon sur la tête de Quintin, libre de tout marquage, et qui ne manque pas l'aubaine d'ouvrir la marque. La stupéfaction du public laisse vite place à la colère. Sifflets et lazzi descendent des travées pourtant peu garnies et chaque mauvaise passe bordelaise est saluée par un olé de réprobation. Bonjour l'ambiance ! Après tout, le dauphin de l'Olympique Lyonnais en championnat ne récolte que ce qu'il a semé.
Auparavant, il s'est contenté du minimum pour surprendre un adversaire recroquevillé dans sa moitié de terrain et à l'évidence trop respectueux pour créer l'exploit. Aucune agressivité, un engagement calculé, des joueurs timorés, des anciens pensionnaires du centre de formation de Bordeaux inhibés, on a le sentiment, dans le premier quart d'heure, que les joueurs du Val d'Oise, organisés dans un 4-3-2-1 très lyonnais, sont venus en victimes expiatoires. Smicer et les siens déroulent alors au petit trot comme si l'ouverture du score était inéluctable.
Cela n'a jamais été le cas en championnat, pourquoi en irait-il autrement en Coupe ? En plus, Darcheville, seul attaquant dans le 4-2-3-1 adopté par Ricardo, est dans un jour sans. Il dévisse deux frappes et voit son tir à huit mètres du but vide, dégagé sur la ligne par Bertrand (14e).
Résistance parisienne.
Pour autant, les pros ont le monopole du ballon et la direction du jeu en main. Pour une très faible rentabilité. Hormis une envolée sur un centre de Faubert, Maté, le portier landais de Sannois-Saint-Gratien, n'a eu aucun arrêt décisif à accomplir. C'est tout dire. On se dirige vers la pause les yeux-mi-ouverts lorsque Quintin et Pierre Planus se rappelent aux bons souvenirs de leur ancien club. Un but, voilà sûrement ce qu'il fallait à ce match pour lui faire prendre une toute autre ampleur.
Après une mi-temps passée à trottiner, les Girondins, à coup sûr sermonnés par leur entraîneur, sortent enfin les mains des poches et les chaussures des boîtes. Même s'il faut une grosse occasion de Quintin (53e) obligeant Roux à une parade décisive pour piquer au vif l'orgueil de ce onze bordelais.
Plus de rythme, d'intensité et de percussion condamnent alors les banlieusards parisiens à faire de la résistance. En cinq minutes, les hommes de Ricardo se créent trois occasions nettes. Sans réussite. Maté repousse un tir puissant de Faubert (54e), Mahamat détourne sur sa ligne une tête à bout portant de Beto (56e) et Maté est tout heureux de suivre du regard une frappe de Fernando, hors du cadre (59e).
Beto surgit et marque.
Ricardo lance alors un deuxième attaquant. Perea vient soutenir Darcheville. Bordeaux change de dispositif et revient au 4-4-2. On se dit que seul un coup de pied arrêté peut permettre aux locaux d'égaliser. La preuve. Un corner tiré par Smicer, une tête de Marange dans le paquet et Beto, d'une fine déviation, se transforme en buteur providentiel (68e).
Rejointes à la marque et conscientes de la menace d'un doublé rapide, les troupes de Laurent Croci se décident enfin à oser et à sortir plus souvent de leur camp. Seule solution pour éviter l'axphyxie. On se dirige vers la prolongation lorsqu'un coup franc, sur le côté droit, est joué à deux. Jemmali centre et Beto surgit encore pour inscrire de la tête le but de la victoire (84e).
Incroyable dénouement ! Oui, ses partenaires peuvent remercier Beto, leur sauveur.
sudouest.com
photo : girondins4ever.com